Genèse et Vision du Projet
C’est un pari fou, en tout cas risqué, mais qui peut
déboucher sur une belle aventure humaine. Ce pro-
jet va à l’encontre de la manière dont nous avons
pratiqué, Nathalie et moi, ce métier de vigneron. Et
c’est justement ça qui nous excite.
Car depuis mon installation en 2005, rejoint -et heu-
reusement- par Nathalie en 2007, j’ai pensé et vécu
ce métier comme un métier très personnel, où il est
préférable de faire les choix seul, pour ne pas être
influencé par des avis qui, si justes et si brillants soit-
ils (et ils le furent pour la plupart) ne sont pas fondés
sur un lien quotidien avec les vignes ni sur des pen-
sées permanentes sur la manière de révéler au mieux
ce qu’elles ont à exprimer. Or cette intimité avec le
terroir est essentielle. Je pense que personne n’est
mieux placé pour comprendre un terroir que celui qui
en est le propriétaire, l’exploitant et quelque part le
serviteur. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il m’a
paru inutile de m’entourer d’un conseiller de culture
ou d’un œnologue, quel que soit leur niveau de com-
pétence. Car ce n’est justement pas une question de
compétence, mais de compréhension. Donc d’intimité.
Alors pourquoi lancer un projet de vin collectif ?
Hé bien c’est justement en contre-pied à cette
conviction que nous avons eu, Nathalie et moi,
l’idée de faire un vin en groupe. Peut-être par défi.
Certainement parce que le collectif nous manque.
Elaborer un vin à plusieurs, c’est communiquer,
débattre, créer et être surpris.
C’est justement parce que nous faisons nos vins seuls et
en décidant tout seuls, que nous avons envie de faire…
exactement l’inverse ! L’expérience nous attire. Car la
plupart des surprises sont de bonnes surprises.
Actuellement, notre gamme est composée de deux
vins rouges (voir (lien site mazetdescroses page les
vins). L’objectif de cette aventure est de créer une troi-
sième cuvée de vin rouge dans le cadre d’un projet
participatif et coopératif . Cette troisième cuvée serait
située, en terme de gamme, entre nos deux cuvées
actuelles. Entre Vent d’Anges, un vin frais et généreux,
dans le croquant du fruit, et L’Ange et l’Hic, un vin
confidentiel et ambitieux, plus élaboré.
Au-delà de l’aspect marketing de l’opération, notre
volonté est de respecter le vote démocratique, d’être
surpris par le collectif et d’adhérer à des choses avec
lesquelles nous n’aurions pas forcément été d’accord
sans la légitimité de cette force qui est le choix du plus
grand nombre.
Ainsi, pendant 10 mois, nous vous proposons de
partager cette grande aventure qu’est la création d’un vin.
C’est vrai que le blog est pour moi l’essentiel dans ce
projet. Parce que c’est à travers le blog que l’on sau-
ra ce que pensent les participants. S’il n’y a pas de
communication, ce projet reste une belle vitrine mais
sans contenu.
Mais alors qu’est ce qu’il va se passer si 102 personnes
commencent à communiquer ?
Et quelles seront les questions posées ?
Depuis deux ans que j’ai mis le nez dans le métier,
j’ai posé mille questions, et curieusement, c’était les
questions les plus banales qui apportaient les réponses
les plus intéressantes. Je les ai même posé plusieurs
fois car je ne pouvais pas retenir tout de suite tout
ce qu’il y avait à retenir. Et les mêmes questions ne
donnent pas les mêmes réponses en fonction du temps
ou des cépages. Tout ca pour dire que c’est génial de
rentrer dans le monde du vin.
Le boire, c’est super, mais rien qu’en parler est déjà
phénoménal. Et ce n’est pas pour dire que : « Voilà,
posez vos questions, maître Renaud vous donnera une
sage réponse ! »
Tout le monde pose les questions, tout le monde peut
y répondre.
Parce que c’est souvent du bon sens, un peu de science
naturelle appliquée, notamment la biologie parce que
la base de tout ça est quand même une plante et ses
qualités, après se rajoute le sol, puis le temps (Oui,
la météo, vous allez voir comme on commence à s’y
intéresser !)
J’ai hâte de lire vos questions et vos réponses.
Par Renaud
Par Nathalie